L'art comme passion [Alice & Pierre]

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Alice Sinclair
L'Ange des arts
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Lun 19 Juin - 23:33
La blonde était dans tous ses états. Telle une tornade à la chevelure du soleil, la galeriste courrait dans tous les sens. Aujourd’hui était un jour particulier pour Alice Sinclair. La jeune femme devait finir de préparer le vernissage du soir. Elle était sur le point d’ouvrir une grande exposition. Et si sa galerie était spécialisée dans l’art antique et surtout la céramique, la galeriste se voulait novatrice et tentait d’allier antiquité et art plus contemporain. Elle adorait aussi le mobilier et ce jour-là, elle vouait exposer le talent d’un jeune artiste contemporain travaillant le bois. L’exposition allait durer pas moins de trois mois et elle espérait bien attirer du monde.

Alice s’éclipsa un instant dans son bureau pour prendre un appel. Le calme apparent qui régna pendant ce moment dans la galerie ne pouvait annoncer que la tempête qui allait se produire. Furieuse, la voix stridente de la blonde dans des moments pareils retentit dans les couloirs voisins. La société en charge du buffet annonçait un retard imprévu. Imprévu et scandaleux aux yeux de la galeriste qui se retint d’insulter de tous les noms possibles et imaginables la pauvre femme à l’autre bout du combiné. Alice raccrocha nerveusement le téléphone et commença à faire les cent pas pour trouver une solution à son problème. Une demie heure de retard qu’ils prévoyaient. Elle devait trouver quelque chose pour occuper les invités et son discours même rallongé n’allait clairement pas suffire.

Discrètement, elle dégaina une bouteille de whisky de son placard, bien cachée et bien à l’abri des regards et s’offrit un petit remontant comme on disait. Il lui fallait bien cela pour avaler la couleuvre. Puis elle quitta son bureau et rejoignit le reste du staff. Les heures tournaient et Alice se sentait de plus en mal. Elle n’avait toujours pas la solution à son problème malgré tous ses efforts. Et tragiquement, l’heure fatidique arriva. Les invités arrivaient petit à petit et la blonde, qui avait revêtue une tenue des plus appropriées salua sans rien montrer chaque personne importante. Ce fut à cette occasion qu’elle retrouva Pierre de Tassigny. Pierre de Tassigny, un homme particulier. C’était un homme fort aimable malgré quelques airs un peu imbu de lui-même. Mais de cela, certains jours, Alice Sinclair s’en contre fichait totalement. Parce que Pierre aimait sa galerie et qu’elle devait bien reconnaître qu’il aidait grandement à la faire connaître en amenant avec lui d’autres amis tous aussi riches que lui. Alice délaissa très poliment son interlocutrice de l’instant et se dirigea vers Pierre. « Oh Pierre, je suis ravie de te voir ici. J’espère que l’exposition te plaira. » fit la jeune femme tout sourire. Et d’un geste ample du poignet, elle s’empara de deux flûtes de champagnes. « Tiens, profites-en. » ajouta-t-elle en lui en tendant une.
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Pierre de Tassigny
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Dim 25 Juin - 13:38



l'art comme passion

Pierre était amateur d’art. Il s’intéressait à tout les types d’art : peinture, sculpture, danse, musique, cinéma et j’en passe. Très peu artiste lui-même, il était d’autant plus impressionné par ce que les autres savaient créer avec un esprit aussi brillant que prolifique. Il lui arrivait parfois d’en envier certains de savoir faire des miracles de leur dix doigts ou de leur intellect, mais lorsqu’il réalisait le temps que cela pouvait leur prendre, il reposait les pieds sur terre et se disait qu’il préférait passer sa vie à virevolter plutôt que dans un atelier. C’était une façon de voir les choses.
Ce lundi ouvrait une exposition dans une galerie non loin de chez lui, qu’il avait appris à fréquenter assez souvent. Il appréciait la sélection d’œuvres qui ne le décevait jamais, mais ne crachait pas non plus sur l’accueil qui lui était réservé à chacune de ses visites. C’était cette jeune  femme, Alice, qui les rendaient si spéciales. Elle était fort charmante, très sympathique et de nature joviale et avenante, tout ce qui faisait tomber Pierre sous le charme. Ne vous méprenez pas, il n’était pas amoureux, loin de là. Disons qu’il était simplement envoûté par sa chevelure et ses traits dignes d’Aphrodite comme Ulysse était attiré par les chants des sirènes.
Tous ces paramètres le faisait donc venir dans cette agréable galerie avec le sourire et la joie au cœur. Il s’était même fait beau pour l’occasion : il avait enfilé son nouveau costume qu’il s’était fait faire sur-mesure par son tailleur habituel. Ce dernier lui avait dégoté un textile en laine vierge, d’un bleu de cobalt à gros carreaux noirs qui lui avait tapé dans l’œil. Pierre n’était pas fréquemment séduit par le motifs osés, mais celui-ci lui avait beaucoup plu, allez savoir pourquoi. Il avait donc attendu deux semaines et demi et avait enfin reçu ce costume de tous ses rêves ! Il l’avait accommodé d’une simple chemise blanche et d’une cravate noire et était entièrement satisfait de l’effet que lui apportait sa tenue. Un dernier coup de peigne et en avant !
Il arriva juste à l’heure pour le début de l’ouverture de l’exposition : dix-neuf heures, comme inscrit sur l’invitation. Pierre était du genre ponctuel, malgré le manque d’occupation qui lui demandait une telle ponctualité. Il n’était pourtant pas le seul à s’être pointé à l’heure donnée, et commença à saluer les quelques personnes qu’il connaissait. La plupart ne venait pas de son milieu, et certains étaient même de simples employés qui avaient sûrement pu se libérer pour l’évènement - ceux-là, Pierre ne les connaissait pas vraiment. Pas qu’il ne les trouvait pas méritant pour leur adresser la parole, mais il ne savait jamais quoi leur dire… Alors plutôt que de s’attarder à quelque chose qu'il considérait comme perdu d’avance, il préféra commencer un petit tour de la galerie. Il s’arrêta sur une première sculpture des plus contemporaines, qui lui inspira instantanément ferveur et dévotion. Il tourna doucement autour et s’extasia des courbes de l’œuvre, qui le fit même frissonner. C’est à cet instant qu’Alice fit son apparition à ses côtés. Elle avait fait l’accueil de quelques personnes avant de venir le voir. Il en était flatté. Elle le salua chaleureusement, et de son élégance notable, Pierre saisit subtilement la main de la demoiselle et lui baisa la main, comme un véritable gentleman. Il savait bien que cette coutume se perdait mais il se plaisait à la pratiquer parfois.

« Alice ! Comment vas-tu ? Tu as l’air plus que débordée. » lança-t-il à la jolie blonde. Elle était toute en beauté, et il l’avait bien remarqué, mais il gardait ses compliments pour plus tard. « Pour le moment, je suis sous le charme. Tu n’oublieras pas de me donner la brochure avec les prix, hein ? » ajouta-t-il avec un sourire.

Alice lui tendit une coupe de champagne, qu’il empoigna volontiers. Il passa son nez au-dessus du verre, sentit les arômes qui s’en échappait et su tout de suite. Il s’agissait du champagne de sa famille, aucun doute là-dessus. Il en avait bu de telles quantités qu’il pourrait le reconnaître entre mille, sans même en boire une seule gorgée. « Merci. » dit-il en trinquant avec Alice. « Je vois que tu as choisi du Taittinger. Tu sais que je peux t’avoir de très bon prix dessus ? » lui demanda-t-il avec sollicitude. Pierre savait faire profiter de ses avantages aux personnes de son entourage. Il savait bien que l’entreprise de son père n’avait pas besoin de ses services pour fonctionner à la perfection et ne se gênait donc pas pour demander à son père de leur faire des prix fort profitables. Sur ces mots, il approcha ses lèvres du bord de sa coupe et se délecta de cette délicieuse boisson subtilement alcoolisée à la fraîcheur enivrante. Le champagne.
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Alice Sinclair
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Mar 27 Juin - 23:40
Alice avait trouvé Pierre devant une magnifique sculpture. Le jeune homme semblait sous le charme de l’œuvre et Alice se félicita intérieurement de l’avoir choisie pour l’exposition. Il remarqua son état peut-être encore trop sur les nefs. Alors pour donner le change, la blonde rigola doucement. « Ce n’est rien. Un petit souci de gestion, rien de bien méchant » minimisa-t-elle en souriant. Mais en son sein, son sang bouillonnait et elle n’était pas prête de refaire appelle à ce prestataire pour le prochain vernissage. Alice avait beau avoir l’être très gentille, elle était intransigeante. Elle ne pouvait pas laisser passer un tel manque de professionnalisme. Et puis Pierre lui demanda de lui donner le catalogue avec les prix des œuvres. « Evidemment, je ne vais pas refuser cela à la personne qui achète sûrement le plus d’œuvres lors de mes expositions. » répondit la galeriste.

Puis Alice donna une coupe de champagne à Pierre qui huma l’odeur délicate du vin. Evidemment, il connut rapidement le champagne que produisait sa famille et Alice en fut particulière touchée. En plus d’être un jeune homme aimant l’art, il s’y connaissait en vin. Et non pas parce que sa famille en produisait mais bien plus parce qu’il s’y intéressait, assurément. Il ne fallait qu’à voir Alice pour se rendre compte que vivre dans un milieu ne te le faisait pas toujours apprécier. Alice la fille de médecin avait pris une voie bien différente de celle de ses parents et ironiquement, sa cadette n’avait fait guère mieux.

Alice humecta ses lèvres dans la boisson alcoolisée avant de répondre à son très cher invité. « C’est un champagne d’exception… » commença-t-elle. Laissant presque entendre qu’il n’y avait pas que le champagne. Puis elle reprit. « Oh je sais bien mais je ne voudrais pas abuser de ta personne en te le demandant. Tu fais déjà beaucoup pour la galerie. Crois-tu que je n’aie pas remarqué que tu ne venais rarement seul et que tu ne repartais jamais les mains totalement vides. » ajouta-elle en lui offrant un petit clin d’œil. C’était bien vrai. Pierre était un habitué maintenant de la galerie et un acheteur qu’elle avait envie de bichonner et de flatter. Un acheteur ravi revenait toujours et le plus souvent accompagné par-dessus le marché. Non vraiment, Alice voulait que le jeune homme se sente… comme chez lui quitte à y mettre le prix fort. Et la seule ombre qu’elle notait pour le moment état le retard des petits fours et autres amuse-bouche. La Blonde plissa légèrement du nez en entendant un bruit d’agitation. Et rapidement, un homme vint à sa hauteur et lui souffla quelques mots à son oreille. « Ah tout de même ! Enfin ! » lâcha spontanément et de la manière la moins discrète du monde la jeune femme. « J’espère que tu ne m’en voudras pas de m’éclipser un instant Pierre. Un petit détail à régler et nous pourrons reprendre notre conversation là en elle en était. » fit la galeriste. Un sourire plus tard, elle s’éloignait déjà pour suivre à la trace l’homme qui l’avait dérangée, pour la bonne cause, dans sa v=conversation.
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Pierre de Tassigny
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Ven 14 Juil - 12:43



l'art comme passion

Pierre était touché - c’était LUI qui achetait le plus d’oeuvres chez Alice ? Un petit vent de fierté vint caresser son visage, il prenait cette information comme l’annonce officielle qu’il était l’homme le plus important de la soirée. Il ne pu cacher son sourire, témoin du caractère presque malsain de sa relation au prestige. Il s'en voulu légèrement de montrer qu’il était attaché à son ascendance par rapport aux autres, il ne cherchait pas du tout à montrer la facette outrecuidante de sa personnalité. D’une part parce qu’il ne l’était pas - pas volontairement, du moins - et d’autre part, parce qu’il avait bien compris au fil du temps que ce n’était pas un trait de caractère que les gens appréciaient. Il en avait souvent fait les frais, bien à sa désolation. Tout ça datait d’il y a fort longtemps, lorsque ses parents lui inculquèrent les rudiments d’une éducation bien faite, selon eux. Alors certes, il était élevé comme un gentleman, il connaissait toutes les sortes de fourchettes qui existaient, mais il allait falloir repasser sur l’humilité et la modestie. Bon, il faut dire qu’Alice savait brosser Pierre dans le sens du poil, c’était elle qui semblait le flatter à coup de « tu achètes le plus d’oeuvres », et de « c’est un champagne d’exception » ou bien encore de « tu ne repars jamais les mains vides ». Beaucoup trop de compliments et de politesses pour l’égo aux dimensions déjà fort généreuses d’un Tassigny. À croire qu’elle lui faisait de la bringue…

« Tu n’abuses pas du tout de ma personne, si je te le propose c’est que ça me fait plaisir de le faire, tu rigoles ! Ecoute, j’appelle un représentant dès demain matin et je ne te laisse même pas le choix… » avança-t-il. Très honnêtement, il n’avait aucune idée de qui il allait bien pouvoir appeler. Il commencerait par passer un petit coup de fil à son cher père, lui saurait à qui il doit s’adresser - ça faisait d’ailleurs un moment qu’il n’avait pas pris de nouvelles de ses parents… Il allait peut-être devoir remédier à cette petite avarie avant de lui demander des faveurs. On ne rigole pas avec la famille chez les Taittinger. Ils ont éduqué un fils arrogant, pas ingrat !
« Ca me fait plaisir de t’amener de la clientèle, tu le mérites amplement. Et puis, ce ne sont pas des mécènes non plus… » indiqua-t-il presque modestement. Ha, il faut bien avouer qu’il y met tout de même du sien !

Au moment où Pierre allait se lancer à demander le numéro de téléphone portable d’Alice, un homme aux allures fort désinvoltes s’approcha d’elle et lui glissa quelques mots à l’oreille. Elle réagit alors au quart de tour, et telle une tempête, le laissa sur le carreau. Ne cernant pas clairement ce qu’il venait de se passer, il eu cette étrange impression de ne pas savoir où se mettre. Il fit alors un tour sur lui-même, observant les murs qui l’entouraient, où étaient suspendus les nombreuses oeuvres d’art de l’exposition. Une petite inspiration pour se remettre les idées en place, et le tour était joué ; il finirait bien par avoir ce numéro à un autre moment. De toute manière, s’ils étaient voués à faire affaire, il allait vraiment en avoir besoin…
Pierre se concentra alors sur les créations - il y avait quelque chose dans leur réalisation qui le faisait voyager dans les tréfonds de quelqu’uns de ses souvenirs de voyage. Quelque chose d’Inde et de Kenya - totalement opposés, me direz-vous, mais il ne savait pas expliquer mieux que cela ce à quoi lui faisait penser les tableaux ethniques qui se multipliaient devant ses yeux. C’était beau - voilà ce qu’il pensait - vraiment beau. Une fois de plus, il avait envie d’en acquérir une demi-douzaine. Bientôt, son vaste appartement ne suffirait plus pour entreposer ses trouvailles. Peut-être devrait-il changer de passion et se mettre à la numismatique ?
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